3e merveille du monde

Car il n'y a qu'une lettre séparant «con» de «bon».

03 octobre 2007

Guerre à la dépression!

Depuis hier, j'entends parler de l'offensive du gouvernement provincial concernant la dépression. «La dépression est une maladie», annonce-t-on. Les dépressifs/ves sont des victimes de leur état dépressif, comme les enrhumés/ées sont des victimes de leur rhume. En d'autres mots, il ne faut pas leur en vouloir s'ils/elles prennent de longues «vacances», car, les pauvres, ils/elles souffrent.

Quoique je ne doute pas des bonnes intentions de ce message, je me questionne davantage sur 1- la pathologisation d'un état psychologique et 2- le fait qu'on ne fait que déculpabiliser les dépressifs/ves, alors que c'est tout un système qui serait à revoir.



1- Si la dépression est une maladie, il me semble que ça la réduit à l'état d'un vulgaire rhume, et que ça se guérit avec des pulules. Or, même si je n'ai rien contre l'ibuprofène et l'acétaminophène contre les sinus bouchés, les anti-dépresseurs m'effraient davantage. Je ne suis pas une psycho-truc, mais la dépression est un état passablement plus grave et plus complexe que des amygdales infectées. Régler ça avec des pulules? Laissez-moi en douter. Il me semble aussi que cette pathologisation s'imbrique dans un mouvement général de pathologisation de différents «états» (le mot le plus neutre possible) psychologiques, à l'instar des troubles alimentaires. Rappelez-vous que notre société considérait l'homosexualité comme une pathologie il n'y a pas si longtemps. Et qu'en est-il aujourd'hui?

2- C'est connu qu'il y a de plus en plus de gens dépressifs. Également, on travaille plus, on est moins récompensé pour nos efforts surhumains et les fins de semaine prennent le bord. 1+1=2. C'est pas des pubs sur comment envoyer des fleurs à un dépressif qu'il nous faut, c'est revoir tout le système de travail tel qu'on le connaît aujourd'hui; redéfinir les priorités sociales, rien de moins. Essayer de régler avec des pulules un grave problème psychologique qui a ses racines dans un problème social tout aussi grave ne résout absolument rien. On ne fait que se mettre la tête dans le sable.

Libellés :

4 Comments:

Anonymous M.O.M. a dit...

Hum...pour avoir "fait une dépression" il y a quelques années, et pour me souvenir très bien de mon incapacité à verbaliser mon état, "because" se sentir coupable d'être faible, de ne pas être à la hauteur, le sentiment de honte qui prévalait chez moi à ce moment-là de ma vie était très intense. Il a fallu que je "deale" avec ce sentiment en premier et laisser la guérison s'amorcer doucement pour m'en sortir "sans pilule". Aujourd'hui, je comprends ceux et celles qui "dépressent", et oui je crois que c'est une maladie. Individuelle ou de société je ne me suis pas penchée sur le sujet, mais le fait qu'on en parle ouvertement est déjà un bon signe pour aider à comprendre et peut-être juste "aider".

C'est assez spécial pour moi d'écrire à ce sujet, car peu de personne connaissait mes sentiments durant cette période, et aujourd'hui...tadam...il y en aura plus. Dois-je censurer? ou m'ouvrir?

10:52  
Anonymous heicktopiertz a dit...

Remettre en cause notre définition du travail, de la société, de la famille et du divertissement est d'une tel évidence, que c'est à pleurer qu'on ne le lise pas plus souvent.

Je crois que de pointer du doigt le fait que quelque chose ne va pas à notre époque, c'est se transformer en "illuminé" aux yeux des autres. Du genre: "Ok facque toi t'as compris ce qui faut faire?"

Comme je me plaît à le dire avec un sourire en coin: "C'est la faute des coms!"

23:11  
Blogger HelL a dit...

t'as ben raison. La société, c'est un problème communicationnel!

08:47  
Blogger Raphael a dit...

Je trouve ça un peux de mauvaise foi de comparer la dépression à un rhume (p.s. la grippe comme virus ne se guérit pas...donc). Moi je comparerais plus ça à un cancer, une maladie lié autant à une pathologie du corp qu'à des facteurs environementaux (non, j'ai pas du tout envie de sortir le dictionnaire... je sais qu'il y a une faute, mais fuck that). La dépression ce n'est pas être déprimé, ça n'est pas un état, c'est quand tout refuse de suivre et de fonctionner, psychologiquement et physiquement. La première réaction de bien des gens c'est de se dire "je suis paresseux"... alors qu'ils sont pathologique... Je m'excuse Hélène, mais je trouve ça un peut naîf, voire ado de mettre la faute sur la "société" et le "système", je crois que ça commence par soi, savoir jusqu'ou on peut aller sans crasher, svoir qu'après une claque "sociale" dans la face on doit se retirer en prendre deux minutes... Je suis un peu surpris de cette afiirmation "holiste" venant de quelqu'un qui fréquente des milieux "constructivistes"... mais c'est sur que si tu trouves Bourdieu dégonflé...

15:33  

Enregistrer un commentaire

<< Accueil