3e merveille du monde

Car il n'y a qu'une lettre séparant «con» de «bon».

07 septembre 2007

L'Invasion

Extraits de dialogue avec ma nièce:

Été 2007, sur le trottoir:
Béa: «Oh! une fourmi.»
Tatie HelL: «Bon dieu, il y en a plein! Il y a une là, une autre là, là, là, là, et là. Et la fourmilière se retrouve... là!»
Béa - approchant un doigt du trou de la fourmilière.
Tatie HelL: «Non! Il ne faut pas détruire la maison des fourmis!»
Béa: «Pourquoi?»
HelL: «Est-ce que tu aimerais ça que qqn vienne détruire ta maison? Les fourmis sont nos amies!»

Septembre 2007, dans l'appartement de Tatie HelL:
Béa: «Qu'est-ce que tu regardes?»
Tatie HelL: «J'essaie de voir des fourmis.»
Béa: «Pourquoi?»
Tatie HelL: «Pour les tuer! Haha!»
Béa: «!??!»
Tatie HelL: «Les fourmis, elles sont nos amies à l'extérieur. Mais à l'intérieur, elles sont méchantes!»




Eh oui, c'est l'Invasion. (en fait, il n'y en a pas tant que ça.) Quelle joie de piler sur ses propres principes moraux afin de faire respecter l'ordre chez soi. Et par ordre, j'entends «pas de bébittes dans ma maison». Oui, car après avoir vu une, puis deux, puis cinq, puis sept minuscules fourmis, force est d'admettre que je me sens pratiquement étrangère chez moi. Que ce n'est plus moi qui rule the house, mais elles. Et c'est pour ça qu'elles sont subitement méchantes.

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04 septembre 2007

Le syndrôme Moby - ou comment se ramollir

Je crois être atteinte du «syndrôme Moby». Vous vous souvenez de Moby, l'artiste électronique qui a mobilisé toutes les annonces de café entre 1999 et 2000 avec sa toune «Porcelain»? Eh ben, Moby clame à tous/tes qu'il aime vraiment toutes les musiques. Que, pour lui, détester une musique est impossible. Je crois être rendue à ce niveau d'inconscience moi zaussi, à mon plus grand désarroi.

Cet été, il y a des tounes qui ont joué que j'aurais détestées il y a de ça quelques années. «Umbrella» de Rihanna. «Stranger» de Hilary Duff. «1973» de James Blunt (JAMES BLUNT! WOUARK!). «Whine up» de Kat DeLuna. Je les aime toutes. Même la dernière de Britney, «Gimme more» qui a coulé sur le web, je l'écoute en boucle! Que se passe-t-il avec moi? Je suis en train de perdre toute mon «edge» musical! D'ailleurs, pour autre preuve (même si je n'ai pas vraiment besoin de rien ajouter après avoir avouer écouter en boucle la dernière de Britney), c'est que j'aime vraiment tous les genres/styles musicaux, inclant la sainte-quadrité des musiques détestables, soit le country, le rap, le dance et le heavy metal.

D'un autre point de vue, toutes les lectures que je me farcis doivent ben servir à qqchose. Effectivement, je suis en train de lire intensément sur la question du goût. Pourquoi aimer ce qu'on aime? Pourquoi détester d'autres choses? Que sont les goûts, en bout de compte? Et bien, selon plusieurs chercheurs, la configuration du capital culturel par rapport au capital économique serait une des clés des réponses à ces questions. Cette configuration serait liée aux dispositions créés par l'habitus, un méga-concept qui inclut les manières dont on voit le monde et comment on agit dans ce monde, rien de moins (ok, je sais qu'il y a des bourdieusiens qui lisent ce blogue, alors tapez-moi sur les doigts si j'ai mal compris!). Or, ceux et celles qui ont un capital culturel élevé ont la fâcheuse et/ou heureuse habitude de dissocier le fond et la forme. Autrement dit, ces personnes ont le pouvoir de voir du beau dans pratiquement n'importe quoi. Là où ces personnes trouvent les choses moins belles, c'est souvent lorsque c'est associé au goût des classes sociales au capital culturel inférieur, comme des peintures de paysages enneigés, ou le heavy metal.

Or, plus je vieillis, plus je fais partie de ces gens qui trouvent du beau dans n'importe quoi. Et ça commence à devenir agaçant. What's next: vais-je me mettre à être zen et vivre l'instant présent? Je m'ennuie du temps où je m'amusais à haïr n'importe quoi.

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